Une autre politique

L’arrêt de l’Idex USPC résulte d’un certain nombre de causes, au rang desquelles la configuration particulière de la Comue et certaines pratiques de gouvernance, mais il est particulièrement infondé de s’en prendre aux universités et aux universitaires que l’on chercherait à rendre responsables.

Avant le 29 avril 2016, les universités étaient louées pour leurs qualités et leur excellence, et en un jour elles les auraient perdues… Un minimum de lucidité et de sang-froid conduit à récuser ces énoncés injustes. Paris 3, Paris 5, Paris 7 et Paris 13 ont de très grands atouts, des identités fortes, des positionnements bien identifiés, et c’est en partant de tout ce potentiel que peuvent s’enclencher des dynamiques de progrès réellement vertueuses.

Compte tenu de la situation et de l’examen de ce qui est survenu au cours de ces dernières années, c’est une autre politique qui est maintenant nécessaire pour la Comue Sorbonne Paris Cité et les établissements qui la composent. Ci-dessous, quelques orientations qui pourraient être proposées pour avancer sur la voie du progrès autour d’une grande et authentique ambition de réussite pour les institutions, les équipes et les personnes.

  • Faire le choix de structures de taille raisonnable, avec une organisation et une culture marquées par l’agilité, la responsabilisation, la proximité et le sens du terrain, plutôt que de dépendre d’un modèle fondé sur la centralisation et la mainmise bureaucratique.
  • Savoir articuler des objectifs de recherche ambitieux avec une grande attention portée à l’enseignement, à l’accueil des étudiants, à l’innovation pédagogique, aux débouchés professionnels, à la valorisation, à l’ouverture sur le monde, à la place de l’Université dans la Cité.
  • Inscrire la Comue et les établissements qui la composent dans une nouvelle trajectoire, permettant de satisfaire aux exigences des standards internationaux sans pour autant se conformer à un modèle préfabriqué, mais grâce à une stratégie de différenciation et une priorité donnée à l’innovation.
  • Créer un environnement favorable au développement de coopérations pensées et de rapprochement choisis par les composantes d’enseignement et de recherche en privilégiant la cohérence scientifique des projets.
  • Affirmer une grande ambition scientifique en faisant prévaloir la cohérence et la qualité de la recherche sur des considérations institutionnelles risquant de diluer les potentiels et les atouts.
  • Renforcer et rendre plus visibles les points forts en se fondant essentiellement sur l’expertise dans les champs concernés, les partenariats avec l’environnement économique, social et culturel, les coopérations académiques internationales.
  • Donner le primat à l’esprit de coopération sur une échelle nationale et internationale. Développer une puissante attractivité grâce à des programmes de recherche sur des segments de pointe avec des partenaires mondiaux de premier plan.
  • Savoir mettre en avant des spécificités et des identités fortes grâce à une stratégie de distinction affirmée, plutôt que de se résoudre à n’être qu’un vaste ensemble ominidisciplinaire polyvalent aux contours indistincts.
  • Simplifier la gestion et alléger les procédures au bénéfice des missions fondamentales de l’université : la recherche et l’enseignement.
  • Développer les capacités d’expérimentation et créer un contexte favorable à des coopérations, non pas subies, mais engagées et conduites par les acteurs de terrain, ce qui est propice à leur pertinence, à leur caractère fructueux et durable.

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De nouveaux statuts, une nouvelle organisation et une nouvelle gouvernance sont nécessaires. Au lieu d’une surcouche bureaucratique qui n’a de cesse d’imposer ses exigences en dévitalisant les instances qu’elle surplombe, il faut maintenant concevoir une Comue relevant d’une autre logique, qui soit pleinement au service des universités, des établissements, des UFR, des composantes, des unités de recherche. Une Comue réellement en phase avec les communautés de recherche et d’enseignement, dans laquelle on partage les bonnes pratiques, qui serait un facilitateur d’initiatives, d’innovations et de projets. Une telle orientation, si salutaire, requiert de rompre avec les obsessions bureaucratiques de quelques-uns, de privilégier les fonctionnements en réseaux, de mettre à l’honneur une culture de la coopération, de rétablir la primauté des valeurs académiques et des finalités de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

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Ciel, nuages, rivière

 

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